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Modernisation de la Loi 27 : les deux dates clés (6 octobre 2025 et 1er octobre 2026) expliquées en détail

  • Photo du rédacteur: Manuela Rigaud Théodore
    Manuela Rigaud Théodore
  • il y a 11 heures
  • 6 min de lecture

La modernisation de la Loi sur la santé et la sécurité du travail, souvent appelée Loi 27, élargit la prévention obligatoire en milieu de travail.

La santé psychologique fait maintenant partie intégrante de la démarche de santé et sécurité du travail. Les employeurs doivent considérer les risques psychosociaux au même titre que les risques physiques, ergonomiques, chimiques ou biologiques.

Deux dates structurent la mise en conformité des employeurs québécois :

  • Le 6 octobre 2025 pour l’intégration obligatoire des risques psychosociaux

  • Le 1er octobre 2026 pour la fin du régime transitoire et l’application complète du régime permanent

Ces dates concernent les employeurs, les gestionnaires, les équipes des ressources humaines et les personnes responsables de la prévention.

Le 6 octobre 2025 : intégrer les risques psychosociaux dans le régime transitoire

Le 6 octobre 2025 correspond à une échéance spécifique survenue à l’intérieur du régime transitoire prévu par la modernisation de la Loi 27.

Le régime transitoire avait pour rôle de permettre aux milieux de travail de s’adapter progressivement aux নতুন mécanismes de prévention et de participation avant l’application complète du régime permanent.

Sa fonction n’était pas seulement de reporter des obligations. Il servait à structurer la transition, à installer les mécanismes requis et à préparer leur intégration durable dans la gestion courante de l’organisation.

Dans ce cadre, les employeurs devaient progressivement mettre en place, selon la taille de l’établissement et les exigences applicables :

  • Les comités de santé et de sécurité

  • Les représentants en santé et sécurité

  • Les agents de liaison en santé et sécurité

  • Les programmes de prévention

  • Les plans d’action

  • Les premières démarches d’identification et d’analyse des risques

Le 6 octobre 2025 constituait l’échéance clé de ce régime transitoire pour l’intégration obligatoire des risques psychosociaux dans la démarche de prévention.

Cette obligation modifie la manière d’évaluer la santé et la sécurité au travail. La prévention ne doit plus se limiter aux accidents, aux blessures, aux équipements ou aux conditions physiques.

Elle doit aussi couvrir les facteurs pouvant affecter la santé psychologique et physique des travailleurs.

Que sont les risques psychosociaux

Les risques psychosociaux sont liés notamment :

  • À l’organisation du travail

  • Aux pratiques de gestion

  • À la charge de travail

  • Aux conditions d’emploi

  • Aux relations entre les personnes

  • Au niveau d’autonomie

  • À la clarté des rôles

  • À la reconnaissance

  • Aux situations de violence ou de harcèlement

  • À l’exposition à un événement potentiellement traumatique

Un risque psychosocial ne correspond pas uniquement à une difficulté individuelle. Il peut être produit ou amplifié par le fonctionnement de l’organisation.

Une surcharge persistante, des priorités contradictoires, une absence de soutien ou des rôles mal définis peuvent créer des conditions favorisant le stress, les conflits, l’épuisement ou les absences.

De plus, la politique de prévention et de traitement du harcèlement doit être connue, accessible et intégrée aux pratiques de l’organisation.


Ce que l’employeur devait avoir mis en place au 6 octobre 2025

À cette date, les employeurs devaient intégrer les risques psychosociaux dans leur démarche de prévention.

Les actions à prévoir comprennent :

  • Identifier les risques psychosociaux présents

  • Analyser les situations à risque

  • Consulter les travailleurs

  • Déterminer les mesures de prévention

  • Désigner les personnes responsables

  • Établir un échéancier

  • Documenter les décisions

  • Assurer un suivi des mesures

Les risques doivent être intégrés au :

  • Programme de prévention pour les établissements visés

  • Plan d’action pour les établissements de plus petite taille

L’objectif n’est pas de produire un document général qui reste inutilisé. Le programme ou le plan doit refléter la réalité du milieu de travail.

Les mesures doivent correspondre aux risques observés. Une formation générale ne suffit pas toujours à réduire une surcharge de travail, un manque de clarté organisationnelle ou un conflit persistant.

Le 1er octobre 2026 : passer au régime permanent

Le 1er octobre 2026 marque la date limite générale retenue pour la fin du régime transitoire et l’entrée en vigueur du régime permanent.

Contrairement au régime transitoire, qui visait une adaptation progressive et la mise en place graduelle des mécanismes requis, le régime permanent exige que ces mécanismes soient pleinement intégrés, structurés et appliqués de façon continue.

Cette étape concerne l’ensemble des mécanismes de prévention et de participation prévus selon la taille de l’établissement.

À compter de cette date, les employeurs doivent fonctionner avec des mécanismes formels, définis, documentés et suivis.

Le régime permanent repose sur une logique simple :

  1. Identifier les risques

  2. Analyser les risques

  3. Déterminer les priorités

  4. Mettre en place des mesures

  5. Faire participer les travailleurs

  6. Vérifier les résultats

  7. Mettre à jour les actions

Entreprises de 20 travailleurs ou plus

Les établissements comptant 20 travailleurs ou plus doivent généralement prévoir des mécanismes plus structurés.

Cela comprend notamment :

  • Un programme de prévention

  • Un comité de santé et de sécurité

  • Un représentant en santé et sécurité

  • La consignation de l’identification et de l’analyse des risques

  • Le suivi des mesures correctives

  • La participation des travailleurs

  • La formation des personnes désignées

Le comité de santé et de sécurité doit contribuer à la démarche de prévention.

Son rôle peut comprendre :

  • Examiner les risques présents

  • Participer à l’analyse des RPS

  • Formuler des recommandations

  • Suivre les mesures mises en place

  • Examiner les incidents et les signalements

  • Favoriser la circulation de l’information

  • Contribuer à la mise à jour du programme de prévention

Le représentant en santé et sécurité agit comme relais entre les travailleurs, l’employeur et les mécanismes de prévention.

Entreprises de moins de 20 travailleurs

Les établissements comptant 19 travailleurs ou moins ne sont pas exemptés de prévention.

Les obligations sont adaptées à leur taille, mais elles comprennent notamment :

  • Un plan d’action en prévention

  • L’identification des risques

  • L’intégration des RPS

  • La désignation d’un agent de liaison en santé et sécurité

  • La consultation des travailleurs

  • La détermination de mesures préventives

  • La conservation des documents pertinents

  • Le suivi de la mise en œuvre

Le plan d’action peut être plus simple qu’un programme de prévention complet.

Il doit toutefois préciser :

  • Les risques identifiés

  • Les priorités

  • Les mesures à prendre

  • Les responsables

  • Les échéances

  • Les modalités de suivi

La petite taille d’une entreprise ne supprime pas les risques psychosociaux. Elle modifie principalement la structure du mécanisme de prévention.

La prévention ne doit donc pas être traitée comme une action ponctuelle liée à une date limite.

Elle doit être intégrée :

  • Aux réunions de gestion

  • Aux rencontres d’équipe

  • Aux processus d’accueil

  • Aux évaluations des risques

  • Aux changements organisationnels

  • Aux enquêtes après incident

  • Aux décisions liées à la charge de travail

  • Aux pratiques de gestion des absences et des retours au travail

Les responsabilités des gestionnaires

Les gestionnaires jouent un rôle central dans la prévention des risques psychosociaux.

Ils sont souvent les premiers à observer :

  • Une surcharge persistante

  • Une baisse de participation

  • Des tensions entre collègues

  • Des comportements d’évitement

  • Une augmentation des erreurs

  • Des absences répétées

  • Une détérioration des communications

  • Une situation de harcèlement ou de violence

Leur responsabilité ne consiste pas à poser un diagnostic psychologique.

Elle consiste à :

  • Observer les situations de travail

  • Recevoir les préoccupations

  • Agir rapidement

  • Clarifier les attentes

  • Documenter les démarches

  • Diriger les personnes vers les ressources appropriées

  • Appliquer les politiques internes

  • Participer aux mesures de prévention

Les conversations de gestion deviennent donc un outil important de prévention.

Une question sur la charge de travail, les priorités ou les obstacles rencontrés peut permettre d’identifier une situation avant qu’elle ne se détériore.

Gestionnaire présentant une stratégie à son équipe dans une salle de réunion

Liste de vérification pour les employeurs

Pour évaluer votre niveau de préparation, vérifier les éléments suivants :

Gouvernance

  • Identifier la personne responsable de la prévention

  • Définir les rôles des gestionnaires

  • Mettre à jour la politique de harcèlement

  • Déterminer les mécanismes de signalement

  • Prévoir un processus de suivi

Identification des risques

  • Consulter les travailleurs

  • Examiner les indicateurs RH

  • Analyser la charge de travail

  • Repérer les conflits récurrents

  • Évaluer les pratiques de gestion

  • Considérer la violence et le harcèlement

  • Documenter les résultats

Mesures de prévention

  • Définir des mesures concrètes

  • Prioriser les risques

  • Nommer les responsables

  • Fixer des échéances

  • Prévoir des indicateurs de suivi

  • Réviser les mesures lorsque nécessaire

Participation

  • Mettre en place le comité SST lorsque requis

  • Désigner un représentant en santé et sécurité

  • Désigner un agent de liaison lorsque requis

  • Informer les travailleurs

  • Conserver les comptes rendus

  • Assurer une participation régulière

Professionnels réunis pour une discussion collaborative sur les pratiques de travail

Une démarche à inscrire dans la durée

La modernisation de la Loi 27 établit une responsabilité claire : protéger la santé physique et psychologique des travailleurs.

Les deux dates doivent être comprises comme deux étapes complémentaires :

  • Le 6 octobre 2025 : intégrer officiellement les risques psychosociaux dans la prévention

  • Le 1er octobre 2026 : appliquer les mécanismes permanents de prévention et de participation selon la taille de l’établissement

La conformité ne se limite pas à l’existence d’une politique ou d’un document.

Elle repose sur la capacité de l’organisation à démontrer une démarche active, structurée et suivie.

Pour approfondir la prévention des risques psychosociaux, consultez les ressources de Manuela Psychoéducatrice. Une auto-évaluation des RPS peut également servir de point de départ pour repérer les principaux facteurs de risque dans votre organisation.

Pour un accompagnement adapté à votre réalité, consultez les services offerts aux organisations ou planifiez un appel découverte.

Sur ce, je vous souhaite une bonne santé mentale !

Sources et ressources

Cet article présente de l'information générale à des fins de sensibilisation. Il ne remplace pas un avis juridique ni les politiques de votre organisation.

Les obligations peuvent varier selon le secteur d’activité, la taille de l’établissement et la situation particulière de l’employeur.

Vérifier les exigences applicables auprès de la CNESST ou d’un professionnel qualifié.

 
 
 

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